Et si le paradis était violent?
Il me fallait bien trouver un sujet; perdre mon temps, et le vôtre, à dire comme tout le monde, à répéter, bloublou: ça me rend suicidaire, moi, fragile... Et puis voilà que j'ai trouvé, encore, quelque chose de bien commun, de bien banale, mais qu'on nie, complices. Lâches...D'abord, présentons-nous. Oh! je vous en pris, ce n'est pas nécessaire: ne faites qu'écouter. Pas comme tout le monde.
Je suis un gars, j'ai des manies de gars: je crois même que mes petits fantasmes, tout le monde les a (filles incluses). Par exemple, je crois qu'on est tous violents; et je crois même que la violence nous sauvera de nos déraisons...
À vrai dire. pour moi, un gars, ingénu, qui, ne s'y attendant pas, mange en pleine gueule une bonne droite, de mon côté, moi, j'en jubile! Ah! et quand par chance je suis là, y assiste, je vous assure, j'en bande! timidement.
"Suis-je déviant" je me la suis bien posée cette question, et l'ignore toujours la réponse; en fait j'en ai utilisé déjà beaucoup des réponses en réalité, selon je-ne-sais-pas quoi, comme tout le monde! Puis, le comble, je vous ai tous trahi; je me suis même trahi aussi. Et oui, j'ai pécher mon père : sans crié gare, me suis retourné et là, ne me demandez pas pourquoi, nul explication, j'ai fait comme personne, me suis alors agrippé moi-même, me suis secoué un peu et finie par bien me ligoter. C'est facile à comprendre, je me suis volé de vous et me suis séquestré dans une pièce vide. C'est là que je me suis brassé, me suis attaqué dans de petits recoins "peu fréquentables" - "vilain", qu'on m'accuse, ignorant tout de tout ce qui importe, comme tout le monde... Et bien oui, je m'en confesse, j'ai osé, je me suis interrogé!
Je vous ai déjà bien décrit, n'est-ce pas? Inutile d'en rajoutez.
Voyez-vous, la violence est exactement ce que vous n'est pas, ce que je rêve d'être: elle est vraie!
S'agit d'ouvrir les yeux, et vous verrez vous aussi; peut-être même banderez-vous, messieurs?
S'abandonner à la violence, c'est dire "non" à cette psycho collective dans laquelle on se connait, se reconnait, c'est refuser les autorités imposés, nier tout ce qui met en valeur notre bon délire à tous; Le violent les refuses ad initio les systèmes qui le bornent - et le bordent, aussi. Et d'une main sur la gorge, on s'en balance des conneries que tu te parfumes sans cesse, toi, pour te définir, pour t'élever, te rassurer. Oh! Ça fait mal d'être confronté à l'anarchie, ignorant que c'est précisément dedans elle, l'anarchie, qu'ils se sont construits ces ô nécessaires systèmes qui vous élèvent si hauts : c'est même grâce à elle, justement, qu'ils peuvent exister vos songes élévations. Le violent s'en retourne aux bases d'avant tout, vous force à y jouer vous, exempt de superficialités; il dit "non" à ce monde malade que vous êtes, il se réfère au vrai, au sincère: à lui-même. Et il vous vaincs aisément, vous qui êtes réduit au rien merdeux que vous êtes, refusez de voir...
C'est violemment qu'elle vous l'apprend, la violence, que vous avez tort, et ce sur tout. Et y a qu'elle, c'est "la seule voie qui mène au Père." Dès qu'on y goûte, on le sait, il n'y a que la force d'une main pour triompher de tous, et toujours. La raison a rarement raison; elle se fit à ce qu'elle voit et elle voit la même chose que vous; vous, vous ne voyez que ce que les autres vous montres - ils en font autant, c'est pas honteux.
"L'enfer c'est les autres", écravait Sartre: j'ai pas compris tout de suite...